Un peu d'Histoire

 
La Magog : voie de communication pour les Amérindiens

L’histoire de notre rivière doit se concevoir dans un cadre beaucoup plus vaste que celui des Cantons-de-l’Est, et, de plus, comme faisant partie d’un réseau navigable que lacs et rivières offraient aux Amérindiens à une époque où les chemins se faisaient rares.  En fait, étant un des affluents de la St-François qui débouche sur le fleuve St-Laurent, la Magog favorisait la liaison des Cantons-de-l’Est avec le cœur du Québec.  Constituant aussi un lien direct entre la rivière Saint-François et le lac Memphrémagog, dont la tête est alimentée au Vermont par les rivières Clyde et Barton, la rivière Magog faisait également partie de la voie d’eau utilisée par les Amérindiens pour accéder à leurs terres ancestrales en Nouvelle-Angleterre.

Les Abénaquis ont joué un rôle prédominant dans l’histoire contemporaine des Cantons-de-l’Est. Toutefois, ils n’auraient pas occupé la région en permanence.  Les Cantons-de-l’Est étaient un territoire où ils pouvaient chasser, pêcher, faire du piégeage, et, parfois, se réfugier[1].  Laterrière écrit que cette route navigable qu’est la Magog est fort fréquentée par les Abénaquis et qu’aux différentes étapes, sur les rives de la rivière et du lac, les Amérindiens avaient élevé des abris qui servaient au premier venu[2].  Le confluent des rivières Magog et Saint-François, appelé Grandes Fourches, et le confluent des rivières Saint-François et Massawipi, appelé Petites Fourches, servaient en outre de lieux de rencontres entre les nations.

Pour se déplacer, les Abénaquis empruntaient de grands lacs, comme les lacs Memphrémagog, Camplain et Massawippi, et des rivières, comme la Saint-François et la Missisquoi.  En Nouvelle-Angleterre, ils voyageaient par la rivière Penobscot dans le Maine et par la rivière Connecticut dans les États du New Hampshire, du Massachussetts et de New York. […] Entre les voies d’eau, ils ouvraient des chemins pour le portage[3].

Aujourd’hui la présence des Abénaquis est encore visible dans les Cantons-de-l’Est.  Les noms de lieux d’origine abénaquise reflètent les particularités du paysage et des cours d’eau qui étaient essentiels pour ces premiers habitants :  Abénaquis signifie « terre de l’aurore » ou « pays qui est à l’est »;  Coaticook (Koatikeku) « rivière de la terre du pin »;  Magog (Namagok) « lac où il y a de la truite saumonée »;  […] Memphrémagog (Mamhlawbagak), « grande étendue d’eau »; Missisquoi, « multitudes d’oiseaux aquatiques » […][4].

En regardant passer kayaks et autre embarcations légères sur notre rivière, il est agréable de laisser aller notre imagination vers les canots des Amérindiens et les bruits de leurs pagaies dans l’eau…  en pensant que dans les années 1780 Laterrière aurait mis quatre jours en canot du portage des Grandes-Fourches (Sherbrooke) jusqu’à l’extrémité sud du lac Memphrémagog, à la rivière Noire[5].

[1] Auclair, M-J, Laramée, P.  Les cantons-de-l’Est. Paysages. Histoire. Attraits.  Les Éditions de l’homme.  2007  p. 83
[2] Kesterman, J.-P. Tout le long de la rivière Magog.  Se promener du lac Memphrémagog à la Cité des rivières.  Éditions Collection Patrimoine. 2004.  p.14
[3]Auclair, M-J, Laramée, P.  Les cantons-de-l’Est. Paysages. Histoire. Attraits.  Les Éditions de l’homme.  2007 pp. 83-84
[4] Idem p. 83
[5] Kesterman, J.-P. Tout le long de la rivière Magog.  Se promener du lac Memphrémagog à la Cité des rivières.  Éditions Collection Patrimoine. 2004.. p. 14
La Magog :  voie de communication également pour les colonisateurs

Au cours des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, les Amérindiens ne sont pas les seuls à emprunter la rivière Magog.  Selon les époques, les militaires de nationalités américaine, française et anglaise utilisent la Magog pour se rendre à leurs différents lieux de guerres.  De même, sans qu’elle disparaisse complètement, la présence des Amérindiens s’estompe peu à peu à la fin du XVIIIe siècle.

À la suite de l’arrivée des Européens (Hollandais, Français, Anglais) au début du XVIIIe siècle dans le nord-est de l’Amérique du Nord, les Amérindiens vont modifier radicalement leur mode de vie.  Le déferlement des maladies contagieuses, qui estime-t-on, ont fauché plus de 80% de la population, la traite des fourrures, qui les détourne de leurs activités traditionnelles, les guerres entre tribus et les conflits entre les colonies anglaise et française auront finalement des conséquences dramatiques pour les Abénaquis[1].

On peut lire que la colonisation des Cantons-de-l’Est ne débute qu’à la fin du XVIIIe siècle avec l’arrivée de Loyalistes américains qui ont vu leurs biens confisqués ou détruits par les révolutionnaires et qui décident alors de s’exiler en traversant la frontière canado-américaine,  demeurant ainsi sujets du roi d’Angleterre.

C’est sans doute en 1802 que le site du confluent des rivières Magog et Saint-François fit l’objet d’une occupation permanente par des Américains venus de la Nouvelle-Angleterre qui y établirent des moulins et quelques ateliers d’artisans[2].   De plus, entre 1815 et 1840, suite aux bouleversements économiques et sociaux provoqués par la révolution industrielle et la réforme agraire dans les îles Britanniques, un certain nombre d’immigrants britanniques s’établirent dans les Cantons-de-l’Est, sur les terres encore vacantes des comtés de Shefford, Stanstead, Richmond, Sherbrooke, Leeds, Ireland et Inverness[3].

Avec la colonisation et l’industrialisation, Kesterman nous fait voir que durant près de deux siècles, les rives de la Magog n’intéressèrent que les industriels et les constructeurs de barrages. En fait, écrit-il, de l’époque des pionniers américains à nos jours, la Magog a connu plusieurs phases d’aménagement, à l’âge de l’eau d’abord, à l’ère de l’électricité ensuite.  […] Cette mutation de la Magog n’a pas touché que ses rives.  Le lit même de la rivière, son débit, son apparence ont été transformés.  Nous avons affaire à une rivière Magog « différente » de celle qu’ont connue les peuplades amérindiennes.  Bref, le promeneur non averti ne se doute tout simplement pas aujourd’hui de ce qui bordait la rivière autrefois[4].

[1] Auclair, M-J, Laramée, P.  Les cantons de l’Est. Paysages. Histoire. Attraits.  Les Éditions de l’homme. 2007 p.83
[2] Kesterman, J.-P.  Histoire de Sherbrooke.  Tome 1 : De l’âge de l’eau à l’ère de la vapeur (1802-1866). Collection Patrimoine.  Éditions CGC. 2000 p.11
[3] Tiré de Auclair, M-J et Laramée, P.  pp.89 et 90
[4] Kesterman, J.-P. Tout le long de la rivière Magog.  Se promener du lac Memphrémagog à la Cité des rivières.  Éditions Collection Patrimoine. 2004 p.2
[4] Idem p. 83

[5] Kesterman, J.-P. Tout le long de la rivière Magog.  Se promener du lac Memphrémagog à la Cité des rivières.  Éditions Collection Patrimoine. 2004.. p. 14

La Magog :  son potentiel hydraulique favorise l’industrialisation

Kesterman fait valoir que les pionniers américains qui commencèrent à s’établir à proximité de la Magog entre 1793 et 1812 furent fascinés par le courant et le débit de la rivière en toutes saisons[1].  Il rapporte également que durant tout le 19e siècle, le régime des eaux de la Magog fut perçu comme éminemment favorable aux activités industrielles, à cause, à la fois, de son débit abondant et de sa régularité.  Ces qualités avaient, bien sûr, un rapport avec les lacs présents dans le bassin.  Le Memphrémagog constituait un réservoir de près de 50 km, quasi inépuisable, et le lac Magog, un réservoir intermédiaire, capable de tempérer les éventuels écarts de débit entre Magog et Sherbrooke […][2].

Auclair et Laramée écrivent quant à eux que pour faciliter l’établissement d’immigrants britanniques dans les Cantons-de-l’Est, l’administration coloniale fonda à Londres une société foncière, la British American Land Company (BALC) […][3].  En fait, Kesterman précise qu’en 1834, le potentiel hydraulique élevé de la Magog poussa cette compagnie à en acheter les terrains riverains, du moins aux endroits propices au harnachement par des barrages. Il s’agissait soit d’acquisitions de terres de la Couronne, soit d’achats auprès de particuliers[4].

Kesterman rapporte le rôle-clé de la BALC en ces termes:  La BALC géra la rivière Magog à sa guise pendant près de soixante-dix ans.  Elle utilisa la rivière pour faire flotter les billots coupés sur ses terres dans le massif de l’Orford afin de les débiter à sa scierie de Sherbrooke.  Elle harnacha les gorges de Sherbrooke d’une série de cinq barrages.  Elle contrôla l’accès des manufacturiers à cette énergie.  Jusqu’en 1870, les industriels qu’elle consentait à voir s’installer à Sherbrooke durent accepter le statut de locataires des terrains, des bâtiments et de l’énergie des barrages.  Par la suite, la BALC se mit à vendre terrains, bâtiments et même certains de ses barrages, mais continua à contrôler les débits d’eau[5].

Caractérisée par l’installation de nombreuses petites et moyennes entreprises manufacturières qui tiraient parti de l’énergie des gorges de la rivière Magog, la période de 1834 à 1866 fut également marquée par l’innovation technologique des entrepreneurs sherbrookois et par la diversité des secteurs industriels qu’ils implantèrent :  bois, cuir, laine, coton, papier, fer et mécanique[6]. Ajoutons que Kesterman fait valoir que pour Sherbrooke, la période qui s’étendit de 1866 à 1896, antérieure à l’utilisation de l’électricité à des fins d’énergie, marqua l’apogée d’un système manufacturier basé sur la force hydraulique. À l’époque, les gorges de la Magog étaient considérées comme un des meilleurs sites industriels du Québec, car les eaux de la rivière n’y gelaient jamais et les machines entraînées par l’énergie de ses barrages pouvaient donc tourner hiver comme été[7]. En 2004, Kesterman écrit enfin que quelques usines sont encore actives sur les rives de la Magog (C.S. Brooks, Eka Nobel, American Biltrite)[8] […].

[1] Kesterman, J.-P. Tout le long de la rivière Magog.  Se promener du lac Memphrémagog à la Cité des rivières.  Éditions Collection Patrimoine.  2004.  p. 20
[2] Idem,   p.16
[3]Auclair, M.-J., Laramée, P.  Les cantons de l’Est.  Paysages. Histoire.  Attraits.  Les Éditions de l’homme.  2007.  p. 91
[4] Kesterman, J.-P. Tout le long de la rivière Magog.  Se promener du lac Memphrémagog à la Cité des rivières.  Éditions Collection Patrimoine.  2004.  p. 21
[5] Idem.  p. 21
[6] Kesterman, J.-P. Histoire de Sherbooke.  Tome 1 : de l’âge de l’eau à l’ère de la vapeur (1802-1866) Éd. GGC.  2000.  p. 161
[7] Kesterman, J.-P. Histoire de Sherbrooke. Tome 2.  De l’äge de la vapeur  à l’ère de l’électricité. (1867-1896)  Éd. GGC  2001.  p.16
[8] Kesterman, J.-P. Tout le long de la rivière Magog.  Se promener du lac Memphrémagog à la Cité des rivières.  Éditions Collection Patrimoine.  2004.  p. 2
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